Avec un dynamisme économique reconnu, notre région constitue à elle seul 29% du PIB national. Dans le cadre de ses compétences majeures en matière de formation professionnelle et d’apprentissage, la Région Ile-de-France a développé ces dernières années des politiques innovantes pour contribuer à la bataille pour l’emploi en permettant aux chômeurs et aux jeunes en insertion de concrétiser leurs projets de formation pour un accès ou un retour à l’emploi facilité mais aussi en innovant, notamment en matière d’apprentissage.

Alors qu’elle annonçait « chambouler » les politiques de formation, la nouvelle présidente « pro-business » fait le choix d’affaiblir l’appareil de formation en Ile-de-France par une réduction drastique des crédits de la formation professionnelle (comptant peut être sur les crédits du plan 500 000 formations de l’Etat!). A la surprise générale, celle qui se définissait comme l’amie du monde économique et l’apprentissage, réduit également les crédits de l’apprentissage en prétextant un recentrage qui passera par le financement des Centres de formation d’apprentis en fonction de leur « performance ». Finie la qualité, finie la péréquation qui permet de favoriser les établissements de banlieue ou ceux qui font l’effort d’accueillir des jeunes nécessitant un accompagnement plus important. Cette voie de formation qui permet l’insertion immédiate de 70% des jeunes qui en sont issus serait de fait réservée à ceux qui ne risquent pas d’affaiblir la performance du CFA…

Pire, la nouvelle présidente lance un large plan social en Ile-de-France en supprimant purement et simplement le dispositif des Emplois tremplins, alors que 4000 emplois tremplins projets ont été crées depuis 10 ans ainsi que 2500 emplois tremplins depuis 2009 réservés au champ de l’insertion par l’activité économique. Ce sont de très nombreuses suppressions d’emploi mais aussi l’affaiblissement des associations franciliennes qui ne pourront plus assurer leurs actions, encore moins les développer dans une période où les habitants d’Ile-de-France ont besoin de lien social, de solidarités, de loisirs, de citoyenneté, de culture, de sport et de contribuer à la protection de l’environnement…

On peut également évoquer la baisse importante du soutien aux missions locales, la suppression des dispositifs de mobilité internationale des apprentis, des jeunes en insertion et des demandeurs d’emploi, ou encore la disparition totale des dispositifs de lutte contre les discriminations à l’emploi et de promotion de l’égalité femmes- hommes vers l’emploi et dans l’emploi. Les objectifs de mise en place d’un service public régional d’orientation vers la formation et l’emploi ont également été abandonnés. Ce dispositif avait fait l’objet de larges concertation avec l’ensemble des acteurs régionaux et devait être mis en place avec un service de proximité et accessible à tous.

En bref, cette nouvelle majorité affiche ses couleurs en déshabillant ce qui constitue un levier concret d’accès du plus grand nombre à l’emploi mais privilégie la création d’un conseil de chefs de grandes entreprises qui n’a aucun effet concret.

Dans la construction de ce budget, les postures idéologiques de la nouvelle majorité sont privilégiées au détriment de l’intérêt des Franciliens, en particulier ceux qui ont le plus besoin du soutien du Conseil régional.