En avril, l’apprentissage est à l’honneur en Île-de-France. Ce numéro 56 du magazine régional permet de partager le quotidien de ces 80.000 jeunes franciliens qui ont opté pour cette formation, de mieux connaître leurs espoirs, les obstacles qu’ils rencontrent, les atouts qu’ils ont pour eux : l’apprentissage permet en effet à 70% d’entre eux de décrocher un emploi quelques mois après leur formation !

Trois questions à Hella Kribi-Romdhane, vice-présidente en charge de l’apprentissage, de l’emploi et de la formation professionnelle

L’Île-de-France a enregistré en 2014 une baisse du nombre d’apprentis. Comment y faire face ?

Nous avons réuni les réseaux d’employeurs pour identifier les freins et les leviers du développement de l’apprentissage. Il est vite apparu que les incitations financières ne suffisaient pas, mais qu’il fallait plutôt miser sur un meilleur accompagnement des jeunes. La Région met l’accent sur l’apprentissage proactif qui rend les jeunes opérationnels plus rapidement et renforce leur envie d’apprendre. En cinq ans, nous avons ainsi pu éviter 6 400 ruptures de contrats. Nous avons aussi augmenté la prise en charge des formations de niveau CAP et bac pro et sécurisé le financement de centres de formation d’apprentis (CFA) fragilisés par le contexte économique. Les premiers résultats se font sentir. La baisse du nombre d’apprentis est plus limitée cette année. Mais nous devons continuer à promouvoir un accompagnement qualitatif pour les jeunes, avec des actions citoyennes, culturelles ou sportives. C’est la spécificité de « l’apprentissage made in Île-de-France ».

On oppose souvent apprentissage et emplois aidés. Les pouvoirs publics ne devraient-ils pas clairement choisir entre ces deux types de parcours ?

Nous devons simplifier notre système de formation professionnelle. La Région y participe avec la création, en février, du chéquier formation pour les demandeurs d’emploi, qui a permis, avec Pôle emploi, de passer de huit mesures d’aides individuelles à une seule ! Mais il ne faut pas faire de l’apprentissage l’alpha et l’oméga de la solution professionnelle pour les jeunes. Je prône, à l’opposé de la concurrence, la complémentarité entre l’enseignement professionnel au lycée, l’apprentissage en CFA, les emplois-tremplin et les emplois d’avenir. Ils répondent chacun à des besoins différents pour l’employeur et pour le jeune.

Quelle place occupera l’apprentissage dans l’Île-de-France de demain ?

Nous devons expérimenter avec l’ensemble des acteurs un nouveau modèle qui s’appuie sur trois piliers : la prise en compte des besoins des entreprises, tout en garantissant les impératifs éducatifs et citoyens qui sont les nôtres ; l’individualisation de la formation pour prendre en compte la situation professionnelle de chacun des apprentis ; et l’usage du numérique, notamment avec les tablettes qui sont un formidable accélérateur d’apprentissage et qui portent un nouveau modèle économique pour la formation alternée.

Sur cette base, je suis sincèrement persuadée que l’apprentissage se développera. Imaginez que chaque entreprise francilienne embauche un apprenti, au moins un ! Nous aurions alors 843 000 apprentis en Île-de-France !

Capture d’écran 2015-04-08 à 09.21.49

Vous pouvez lire en ligne le magazine sur ce lien : Magazine « Île-de-France » : des apprentis en haut de l’affiche