Fin de week-end déjà… Un week-end qui est passé très vite tant les évènements qui l’ont marqué m’ont paru intenses.

A Massy d’abord, avec une multitude de rencontres qui ont encore une fois, à mes yeux,  justifié mon engagement.  Samedi, j’ai vu des visages de Massicois pleins d’espoirs et d’attentes quant aux solutions que les politiques pourraient leur proposer. Des visages de parents qui ne peuvent pas offrir grand chose à leurs enfants dans leur quartier oublié et qui profitent dans une grande simplicité de la petite fête de la cité organisée par le bailleur et l’amicale de locataires. Une fête qui offre un spectacle splendide de la vie d’un quartier, du bénévolat, de l’engagement de proximité et de la volonté des familles de sortir de leurs soucis quotidiens. Des visages d’enfants de toutes origines qui paraissent heureux. Mélissa, Mamadou, Wajdi…. tous ces enfants se voient d’abord comme des enfants vivant dans la même cité sans distinction d’origine. Et c’est en cela qu’ils sont un exemple pour beaucoup d’entre nous, par la représentation de la République métissée qu’ils nous jètent aux yeux. C’est peut-être naturel à leur âge mais ils ont tout compris!  Je me suis aussi souvenu que quand j’étais petite et que j’habitais dans ce même quartier, je n’avais pas le droit de sortir de chez moi parce que dans les cages d’escaliers on pouvait assister à des scènes surprenantes pour un enfant et qu’il n’y avait pas de lieu de vie autour, ni même de commerces. Vingt ans plus tard, rien n’a changé! Malgré les nombreuses promesses, toujours pas de commerces, toujours les mêmes cages d’escaliers, toujours cette même école maternelle et cette maison de quartier (autrefois associative, aujourd’hui municipale) comme seuls lieux de vie et toujours cette même bibliothèque à 15 minutes à pied (actuellement fermée pour travaux), où j’ai passé tellement de journées, comme lieu de culture et d’ouverture vers l’extérieur.

Face à ce spectacle, quand on est militant politique, on se sent confier une lourde responsabilité. On se dit que tout ça, on connaît puisqu’on vit dans cette banlieue mais on se demande comment être le plus efficace, comment ne pas être seulement celui qui aide les familles à remplir un dossier de logement ou à monter une pétition pour maintenir le ramassage scolaire et le soutien scolaire. La réponse : agir dans une assemblée délibérante, c’est à dire être élue mais une élue de proximité qui n’oublie pas ce qu’elle a vu et vécu.

Ce retour en arrière m’a spontanément envahie d’émotion et j’ai décidé d’y passer mon samedi après-midi pour échanger avec les habitants tout en listant les nombreuses choses que l’on pourrait améliorer…

Aujourd’hui, dimanche 31 janvier, j’ai vécu tout autre chose. C’était le rassemblement des secrétaires des sections socialistes à la mutualité à Paris. L’occasion pour des responsables locaux du parti socialiste de se rencontrer, d’échanger, de prendre les informations et de proposer en ce début de campagne des élections régionales. Là aussi, j’ai vu des centaines de visages: des vieux, des jeunes, des cadres, des ouvriers, des intellos, des anciens, des nouveaux, bref les représentations de la France engagée à gauche telle qu’on peut l’imaginer. En regardant autour de moi, je me suis dit que, comme moi, tous ces gens avaient décidé de donner de leur temps, de sacrifier des loisirs, des moments en familles ou entre amis, pour changer la vie. Comme moi, ils ont envie de justice sociale. Comme moi, tous les jours, ils sont interrogés sur les possibilités d’action du parti socialiste et de ses élus en ces temps de crise.  Les mots prononcés à la tribune ont laissé entendre qu’une page était tournée au parti socialiste et que face à l’urgence sociale, les militants avaient décidé de retrousser les manches et d’organiser, plus que jamais, un système de résistance au pouvoir en place et de protection de nos concitoyens les plus vulnérables: nous avons appelé ce système de protection « le bouclier social ». Ce bouclier social est porté par les nombreuses collectivités aujourd’hui dirigées par la gauche. C’est en particulier les 20 régions de gauche qui protègent les Français et qui agissent pour plus d’égalité, pour un développement solidaire et durable, pour le droit au bonheur pour tous.

Alors quand parfois j’entends parler d’opportunisme, de socialistes assoiffés de « postes », de « combines », j’ai envie de penser aux milliers de militants, y compris dans ma ville de banlieue, qui donnent leur temps et leur énergie pour construire une société plus juste, solidaire et égalitaire. Et même si je ne suis pas exactement de la même sensibilité que la 1ère secrétaire du parti socialiste, Martine Aubry, je ne peux que saluer l’hommage qu’elle a rendu aux militants socialistes trop souvent spectateurs de chamailleries ces derniers mois.  Je salue aussi son discours combatif et offensif et la clarification quant à la position des socialistes sur des sujets importants tels que l’âge de départ à la retraite, le débat sur l’identité nationale, l’opposition ferme à Georges Frêche, la proposition de prolonger l’indemnisation des chômeurs en fin de droits, etc. J’y vois de l’espoir pour le parti socialiste et ses militants, pour toute la gauche et donc pour le peuple français.

Voilà un récit rapide et quelque peu décousu des moments forts de mon week-end qui traduit la nature de mon engagement, un engagement parfois à fleur de peau, mais je l’assume.